Emploi

Non, les fonctionnaires ne sont pas fainéants !

Fainéants, privilégiés, profiteurs, en France, on aime traiter les fonctionnaires de tous les maux. C’est encore plus vrai depuis que la France est installée dans la crise économique ou les tensions liées au chômage et la pression fiscale ont augmenté. Pourtant, rien n’est moins vrai. Les fonctionnaires évoluent avec leur lot de contraintes et de responsabilités qui sont spécifiques à leur statut. Alors je tape sur la table du poing : non, les fonctionnaires ne sont pas des fainéants !

D’où vient cette histoire d’emploi à vie ?

Une des premières critiques qu’on entend souvent à l’encontre des fonctionnaires est l’emploi à vie, mais il faut se rappeler d’où est issu ce droit. Lors de la structuration de la fonction publique d’état, sous l’ancien régime.

L’Etat s’est mis à avoir un besoin important de fonctionnaire et dans une période de plein emploi, pour recruter à des postes parfois peu séduisant une grande quantité de personnes, partout sur le territoire français, il fallait proposer des contreparties intéressantes autre qu’une rémunération élevée qu’on ne pouvait proposer. La proposition était donc l’emploi à vie qui permet d’assurer la continuité du Service Public qui nous sert tous, même en période d’instabilité économique. Alors forcément, dans une aire où le chômage est plus important cela peut irriter mais on ne va pas réduire et rétablir des droits aussi massifs selon la conjoncture du marché de l’emploi.

Des responsabilités parfois ignorées

Les fonctionnaires sont loin d’être vautrés dans un fauteuil à longueur de journée. Déjà, la plupart d’entre eux sont « sur le terrain ». Il s’agit de professeurs, d’enseignants, d’infirmier ou de policier qui exercent tous des métiers délicats avec d’importantes responsabilités.

Ensuite, en tant qu’agents publics, les fonctionnaires sont exposés à des sanctions spécifiques en cas de manquement à leur fonction. On recense, diverses infractions qui sont propres aux fonctionnaires et qui font l’objet de sanctions spécifiques.

Les comptables publics par exemple, contrairement à leurs homologues dans le privé peuvent voir leur responsabilité personnelle engagée (et leur livret A vidé) en cas d’erreur de caisses. Ils souscrivent à des assurances spécifiques pour cela.

Un statut sous la critique permanente

Engagé dans le public, les fonctionnaires travaillent également en permanence sous le regard du contribuable, c’est-à-dire sous le vôtre, le miens et de tous les français. Ils subissent un regard parfois inquisiteur de la part du public pour les interventions qu’ils mènent alors qu’ils ont très peu de pouvoir de décision.

Une vie sous contraintes

Une des principales difficultés liées au service public c’est le manque de pouvoir des agents. Cela concerne tout d’abord la géographie. De très nombreux postes de fonctionnaires sont gérés par une affectation territoriale. Enseignants, policiers, douaniers ne choisissent pas leur lieu d’intervention. Ils doivent le demander. En début de carrière, ils sont quasiment sûr de se promener dans une autre région de France.

Il en est de même pour les choix stratégiques réalisés dans la structure. Le quotidien d’un fonctionnaire peut être très frustrant. Ses missions sont décidées en haut lieu et il a rarement le pouvoir d’influencer en lien avec ce qui lui semble pertinent par rapport à la réalité de son travail.

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